Comme nous le confie très justement Lesly Brézault, en Haïti, tout se chante et se danse ! La musique est au cœur de notre organisation culturelle et sociale.
La préférence pour tel ou tel genre musical reste une question éminemment personnelle; en revanche, ce que cet art majeur procure comme sensation, est commun à tous : la musique comme on l’entend souvent, « adoucit les mœurs ». Mais bien davantage, elle est curative, elle guérit, de tous ces maux profondément ancrés dans notre quotidien ! Plus qu’une simple satisfaction à l’écouter ou la pratiquer, la musique enclenche d’autres processus d’une profondeur insoupçonnée.

Les musiciens parlent souvent d’état transcendantal entre eux et avec leur public, qui apaise les douleurs de chacun et de tous en même temps ! On a tous assisté aux incroyables performances des maîtres du gospel façon New Orleans : le maître de cérémonie et l’assistance sont comme en transe, reliés entre eux par un fil invisible, qui décharge les rancœurs, les frustrations, les haines individuelles, pour reconnecter en chœur les participants, les uns aux autres et en harmonie, par l’amour, l’espoir, la paix intérieure partagée entre tous.

Plus qu’un art, la musique est donc une thérapie, individuelle, et collective !

A travers la musicothérapie, la FELB non seulement s’attaque à l’oisiveté des jeunes, mais elle propose de casser les logiques destructrices tant contre soi qu’envers autrui.
Ainsi, sans aucune prétention, la musicothérapie peut aider à lutter contre la délinquance et la criminalité, ces fléaux qui rongent notre quotidien. Grâce au soutien de la Fondation, près de 3000 élèves de divers établissements scolaires situés entre Carrefour, Delmas, Cité soleil et Pétion-ville, bénéficient de flûtes pour apprendre le répertoire fondamental de la musique classique.
Comme dans plusieurs pays de notre région Amérique, la Fondation agit sur plusieurs axes allant tous dans le même sens en direction notamment des plus pauvres, afin de démocratiser l’accès à la musique, et dans un deuxième temps à travers l’art, remettre notre jeunesse sur la voie du développement.

La musique comme facteur d’équilibre interne et de cohésion de groupe

Il a été prouvé scientifiquement que la musique développe trois fonctions essentielles pour l’équilibre personnel et la vie en société : tout d’abord, elle stabilise l’anxiété et augmente l’auto-estime ; ensuite, elle favorise une meilleure compréhension mutuelle ; enfin, elle facilite et stimule les liens sociaux.

Sortir nos jeunes de leurs pensées négatives en les ramenant sur du positif

En éloignant notre jeunesse de la violence du quartier ne serait-ce que quelques heures par semaine, en les mettant à l’abri, on leur offre aussi la possibilité de vivre par eux-mêmes d’autres voies, dans un univers de tranquillité, d’apaisement, de concentration. Ils peuvent alors s’exprimer et libérer leurs émotions, comme la colère, leurs frustrations… Les pensées parasites sont laissées dehors, à la porte de la salle de répétition, laissant entrevoir la probabilité d’un monde meilleur. On passe d’un environnement négatif synonyme de destruction, à un autre plus constructif, poussant vers le haut ! Une meilleure écoute et communication sont alors observées car suivre les sons, phrasés musicaux, silences, pauses, et relances, encourage une plus grande attention et connexion avec l’entourage !

La musique, un vecteur de réussite en classe et de résolution des problèmes

Il est également prouvé que la musique augmente les performances cognitives indispensables pour la résolution d’équations complexes dans la vie de tous les jours, ou à l’école. En Californie par exemple, un groupe test d’enfants de 3 et 4 ans ayant fait du piano et du chant durant l’année scolaire, a démontré des capacités accrues à résoudre des problèmes complexes de type casse-tête, obtenant aussi de bien meilleures notes dans les matières générales. En Angleterre, des enfants de 10 et 11 ans ont pu terminer plus rapidement des problèmes mathématiques avec de la musique.

Mieux respirer, développer sa gestuelle, sa mémoire, et gérer le stress

La régularité imposée en jouant de la musique, régule le rythme cardiaque et développe la respiration. On sait désormais que gérer le stress passe d’abord par bien inspirer et expirer, oxygénant ainsi les tissus au maximum. On libère du même coup la cage thoracique dans laquelle se réfugient de nombreuses émotions négatives comme la peur. Dans une école de médecine du Vermont, aux Etats-Unis, une étude prometteuse a révélé que l'épaisseur des zones cérébrales affectées par le stress diminuait quand l'enfant pratiquait un instrument. La coordination des mouvements est aussi substantiellement améliorée, et la pratique d’un instrument stimule les parties spécifiques du cerveau en charge de la mémoire, l'attention, l'organisation et la planification. L’expérience sera d’autant plus efficace qu’elle commencera tôt, c’est pourquoi la FELB met particulièrement l’accent sur l’éducation musicale en direction des plus jeunes.

Inculquer des valeurs et lutter contre l’exclusion, par le jeu et la créativité

Si la maîtrise d’un instrument ou du solfège sont indispensables pour faire de la musique, au-delà, cela permet de redonner le goût de l’effort non pas sous la contrainte, mais de façon ludique. Car le jeu – on dit d’ailleurs « jouer de la musique » – est bien plus motivant que le système éducatif classique souvent autoritaire, qui nous « oblige » au lieu de « nous amener à avoir envie ». L’école est souvent vécue comme une exclusion qui se répète, entre ceux qui sauront réviser une fois rentrés chez eux car issus des bonnes familles les aidant pour leurs devoirs, et les autres… Le seul fait de pouvoir jouer d’un instrument ou un genre réservés « à l’élite », rompt avec le modèle de société à deux vitesses, tous, riches ou pauvres, étant désormais ramenés sur un même pied d’égalité. Et par la créativité, en improvisant par lui-même, selon sa sensibilité et son inspiration, l’enfant se parle en interne, mais aussi aux autres. Il se soigne alors de ses blessures en offrant le meilleur de lui-même au public.

Une philosophie de vie, et un but à atteindre malgré les épreuves

La pratique d’un instrument devient alors une posture, une philosophie dans l’action. Michel Benedetto, 1er violon super-soliste de l’Orchestre National d’Île-de-France, qui a choisi de prendre sur son temps et son salaire pour enseigner dans les quartiers populaires de région parisienne durant des décennies, a su transmettre en plus du violon, un art de vivre d’une force incalculable, lorsqu’il martelait :
« Une note plus une note font une portée ; une portée suivie d’une autre forment une partition ; et plusieurs partitions constituent une œuvre musicale complète. Tout est lié, et peu importe si l’on fait une fausse note, si l’on trébuche un moment donné : il faut se relever, ne pas s’arrêter en chemin quand on vacille, pour aller jusqu’au bout ! » Comme dans la vie.

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